En résumé
4 récits, 4 vies brisées par les violences et secrets d’une île irlandaise. L’oppression culmine dans un 3e récit noir, avant une 4e partie plus libératrice. Style pudique, poignant, inoubliable.
J'ai lu la semaine dernière ce roman d'une grande intensité de John Boyne avec parfois le besoin de faire un pause, de me détacher du récit pour respirer tellement il était oppressant. Les récits s'enchaînent avec en point commun les violences faites aux mineurs et en fond, une petite île au large de l'Irlande. Quatre récits, quatre points de vue. C'est l'histoire de violences, de sexualité, mais aussi de la transmission de la souffrance. De ces secrets cachés, des non-dits familiaux qui portent avec eux leurs traumas. Ce roman, c'est la pierre jetée au milieu de l'étang et des ondes qui vont se propager longtemps après que la pierre ait coulé. Les deux premiers récits plus orientés sur le monde sportif, font aussi la critique des rêves brisés des parents qui les rejettent sur leurs enfants. Le troisième récit est le plus noir, le plus difficile à supporter, le plus éprouvant à lire malgré le style toujours pudique de John Boyne. Heureusement vient le quatrième récit, comme une respiration, un orage qui éclate enfin après une journée chargée d'électricité et termine sur une note d'optimisme. Un baume apaisant. Les récits s'étalant sur une longue période, la dernière partie permet également de faire un point sur le destin des personnages abandonnés précédemment et c'est un manière de leur dire au-revoir élégamment. Un très bon récit, poignant, qui ne laissera personne indifférent.
La bonne mère | Là où tu vas, Voyage au pays de la mémoire qui flanche