En résumé
Ode vibrante aux mères imparfaites, lutte des classes, violences sociales et verbales sous le soleil de Marseille. Une histoire de femmes et de générations portée par une écriture pleine de soleil, une comédie matriarcale puissante et pudique. Bouleversant.
La bonne mère est une ode magnifique aux mères imparfaites, à leur combat pour faire leur possible pour élever au mieux leurs enfants. C'est un cri face à la douleur de savoir qu'on ne peut pas faire de miracle et qu'on n'a parfois pas d'autre choix que de les laisser faire leurs propres erreurs.
C'est une histoire sur la violence du quotidien quand une mère voit impuissante son enfant s'enfoncer ; qu'elle doit faire face aux moqueries, à des fins de mois difficiles, et lutter contre des filles plus jeunes, avec moins de rides, moins de kilos.
C'est aussi un livre sur la lutte des classes. Parce que, rejoignant les idées de Bourdieu, on ne sort jamais réellement du monde d'où l'on vient. Et quand on vient des quartiers populaires de Marseille, même en lissant son accent, malgré les efforts, on ne sera jamais de la même classe sociale qu'une petite bourgeoisie parisienne.
Et ce constat est d'une violence crasse, une violence qui ne dit pas les mots.
Parce que les violences faites aux femmes, ce ne sont pas que les coups. C'est aussi la violence des mots, des comportements, des attitudes.
C'est une violence qui prend encore plus de contraste sous le soleil de Provence, face aux expressions marseillaises et à la gouaille de ces femmes. Ces saintes cagoles qui ont le verbe haut et ne se laissent pas marcher sur les pieds. Ces femmes qui se transforment en lionnes pour protéger leurs enfants.
Un roman brillant qui ne tombe jamais dans le pathologique et jongle intelligemment – et avec à la fois beaucoup de verve et de pudeur – entre ces deux femmes, mère et fille, dans une comedia del arte matriarcale.