En résumé
Un roman graphique au dessin délicat et poétique (aquarelles, paysages magnifiques), mais une narration maladroite, trop explicative et des personnages peu subtils. Hommage aux contes classiques, il plaîra aux 8-10 ans, mais sans convaincre un public adulte malgré son charme visuel.
Sorti à la mi-octobre chez Komics Initiative, À la recherche du vent perdu par Yannick HATTON est un roman graphique qui s’adresse avant tout à un jeune public. Une précision importante, car je ne m’y attendais absolument pas ; c’est sans doute là que se situe en grande partie ma non-adhésion à l’album.
Je partais avec un apriori positif, étant fan absolu du style de l'auteur depuis la sortie d'Armandis en 2003 chez Paquet.
Et je n'ai d'ailleurs rien à redire sur le style : les planches sont délicates, baignées d’aquarelles, et les paysages souvent magnifiques. Je retrouve un plaisir enfantin à plonger la tête dans ces nuages duveteux, à suivre le vent qui emporte un bonnet. Graphiquement, l’album évoque le travail d’Alex Alice dans Le Château des Étoiles, ce qui est un compliment.
En revanche, la narration se révèle maladroite, notamment par un recours excessif à l’explicatif. Nous sommes dans une bande dessinée : quel est l’intérêt d’écrire que l’orage arrive lorsque les cases déploient déjà un ciel noir somptueux et parfaitement évocateur ?
Je ne m’attarderai pas sur le choix des noms de personnages. Puisque je conseillerais clairement cet album à jeune lectorat, de 8-10 ans, je passerai donc sur “Roto”, le marin qui passe son temps à roter, même si l’on pourra regretter un certain manque de subtilité dans l’écriture des personnages, qui s’avère globalement très attendue. C'est trop appuyé, les références trop évidente pour une lecteur adulte. On perd dans les mots la subtilité qui fait le charme du dessin.
Hommage assumé aux livres d’aventures et aux contes qui ont bercé notre enfance, le récit prend la forme d’une fable, empruntant tour à tour à Peter Pan, Le Magicien d’Oz ou encore Alice au pays des merveilles.
Au final, À la recherche du vent perdu peine à faire émerger un univers qui lui soit propre. Malgré une réelle poésie et d’indéniables qualités graphiques, l’album ne m’a pas pleinement convaincu et n’est jamais parvenu à m’embarquer pleinement.