Couverture — J'ai toujours rêvé d'être un fermier

J'ai toujours rêvé d'être un fermier

Par Jean Harambat

Éditions Charivari

Pages
112
Parution
10/04/2026

Une invitation à observer le monde. Un album contemplatif admirable mais qui pèche par ses digressions.

En résumé

Jean Harambat retrace son retour à la terre et le quotidien d'une ferme gasconne au fil des saisons. Un album contemplatif, poétique, mais parfois trop foisonnant.

Mon avis

Fils de paysan, Jean Harambat explique son amour pour la terre, sa décision d'acheter une ferme dans le sud-ouest. C'est un récit qui suit le fil des saisons, avec en toile de fond la rénovation de la ferme, le soin des bêtes, la préparation de la terre et tout ce qui fait le quotidien d'un paysan.
J'étais très attiré par cet album de Jean Harambat, par le thème qu'il traitait, celui du monde paysan avec cette belle couverture toute en sobriété, comme une promesse de retour à la terre.
Parsemé de réflexions sur l'importance d'observer le vivant, sur la relation de l'homme à la nature et au paysage, Jean Harambat propose une oeuvre hybride entre la BD et le livre illustré. Un récit poétique qui prend le temps d'observer et de raconter un mode de vie bien trop oublié dans un monde en constante accélération.

"Illustration de J'ai toujours rêvé d'être un fermier"
© Jean Harambat / Éditions Charivari (2026)

Le trait est doux, réaliste, contemplatif. On se laisse embarquer par ces paysages landais, par le vol des oiseaux. L'auteur s'y entend pour dessiner la nature en quelques traits, et on ressent toute l'admiration qu'il a pour cette ferme qu'il présente comme un personnage principal du récit.

"Illustration de J'ai toujours rêvé d'être un fermier"
© Jean Harambat / Éditions Charivari (2026)

Si le dessin est évocateur, l'album est très verbeux, ce qui m'a fait le comparer à un album illustré. Des phylactères qui livrent un récit et sont appuyés par le dessin de l'auteur.
On s'éloigne ainsi du mode narratif de la bande dessinée dans laquelle c'est en principe l'inverse : le dessin qui raconte l'histoire et est appuyé par les phylactères.

"Illustration de J'ai toujours rêvé d'être un fermier"
© Jean Harambat / Éditions Charivari (2026)

J'ai cependant un bémol à la lecture de cet album qui explique une note finale en demi-teinte. Si j'ai aimé le propos, j'ai été par moment sorti de lecture par ce récit à la fois linéaire et décousu.
Linéaire parce qu'il suit le fil des saisons et la lente reconstruction de la ferme.
Décousu parce qu'il s'interrompt sans arrêt pour des anecdotes personnelles et des faits historiques, et par un chapitrage qui ne parvient pas à se faire oublier. Cette impression de décousu est accentuée par la diversité des propos : chronique paysanne, botanique, ornithologique, historique, réflexion philosophique, guide pratique pour réparer un toit ou une clôture, anecdotes sur son passé...

"Illustration de J'ai toujours rêvé d'être un fermier"
© Jean Harambat / Éditions Charivari (2026)

Une richesse de thèmes qui sont intéressants mais viennent distraire le propos principal.
Par exemple l'anecdote sur son passage dans une ferme de Tasmanie ou la digression sur les guerres du Péloponnèse. Si l'anecdote est savoureuse et l'histoire grecque intéressante, elles ne servent pas vraiment le récit sur le monde fermier et semblent déplacées ici.
Le mieux est l'ennemi du bien, et l'album aurait mérité d'en choisir deux ou trois seulement pour leur donner plus de poids.
C'est un album qu'il faut lire pour l'intérêt qu'il porte à l'observation du monde qui nous entoure et ce rappel constant du dur labeur qu'est l'entretien d'une ferme et nous rappelle la satisfaction d'un travail proche de la nature.
Un récit et un témoignage important, efficacement illustré mais qui pèche par des digressions qui prennent trop de place.

Note Katulu

4/5

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